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Pendant mes études en création et réalisation cinématographique, j’ai découvert une véritable synergie entre deux écritures : le roman et le scénario. Deux manières de raconter, deux rythmes, deux exigences, mais une même recherche d’intention, de tension et de présence.
Le scénario m’a amené à regarder une scène autrement, parce qu’au cinéma, tout se joue dans l’instant. Un scénario raconte ce qui se déroule sous nos yeux.
J’ai compris qu’une scène ne tient debout que si les protagonistes veulent vraiment quelque chose. Et c’est en dressant des obstacles que la tension naît. Sans cela, il n’y a pas vraiment de scène, seulement un passage.
Les répliques, les gestes et même les silences doivent avoir du poids. Rien ne doit être là par remplissage. Tout doit porter l’histoire.
J’ai donc pris l’habitude d’écrire en image, mais pas seulement. Le son y est essentiel. Un pas dans un couloir vide, une porte qui claque, un souffle retenu, un bruit lointain qui brise le calme : tout cela sert la scène autant que ce que l’on voit. Le son installe une ambiance, fait naître l’inquiétude, annonce un danger ou donne de la profondeur à un lieu. Il guide l’attention sans jamais forcer le trait.
Mais il y a aussi ce qui ne se dit pas franchement, ce qui circule entre les mots. Cette part discrète, ce sous-texte, donne souvent plus de force à une scène que de longues explications. Le silence lui-même devient une manière d’écrire.
La structure m’a également marqué. Le découpage en scènes, en séquences, en actes donne au récit une direction nette et affirmée. On sent la montée, la respiration, la rupture.
Dans mon écriture, cela m’a apporté davantage de rythme, de clarté et de tenue. Je pense aujourd’hui chaque passage comme un moment qui doit mener quelque part.
Je l’ai compris en écrivant, mais aussi en relisant mes propres pages : certaines scènes ne vivent vraiment que lorsqu’on les entend presque. L’apport du scénario renforce alors l’écriture du roman. Il insuffle plus de précision, plus de mouvement, plus de présence. Et écrire le son permet de faire vibrer une scène autrement. Le texte prend alors davantage de relief, et l’histoire avance avec plus de force.

N°06 Part d’Histoire à Part (12/08/2026)
« Le Sommeil du Manuscrit »
Un jour, en dégustant un café, un autre auteur m’a soufflé une phrase que je n’ai jamais oubliée : il faut laisser mûrir son manuscrit. Le laisser en sommeil. Ne plus y toucher. Ne plus le lire. Ne plus l’avoir sous les yeux pendant plusieurs mois. Sur le moment, cela m’avait surpris. Je voulais publier, être lu, voir mon roman terminé.
Perplexe, j’ai tout de même décidé d’enfermer mon manuscrit dans un placard et cela pendant 6 mois. Avec le temps, j’ai compris la justesse de son conseil.
Prendre de la distance, c’est accepter de ne plus regarder son texte avec les yeux de celui qui l’a écrit dans l’élan, mais avec un regard plus calme, plus exigeant, presque plus juste : celui du lecteur. Et c’est là que le manuscrit commence vraiment à parler. On voit alors que certains mots ne portent pas exactement le sentiment que l’on voulait transmettre. On découvre qu’une scène, à laquelle on tenait beaucoup, est peut-être trop longue, trop appuyée, ou simplement pas assez profonde. On remarque des incohérences, des répétitions, des failles que l’on ne voyait plus.
L’auteur porte des œillères pendant le processus de création et finit par s’enliser dans un effet tunnel. La réécriture ne consiste donc pas seulement à corriger des fautes ou à lisser une syntaxe. C’est un vrai travail de fond. C’est faire de nouveaux choix. C’est parfois épurer, parfois développer. C’est accepter de couper ce qui alourdit, mais aussi de reprendre une scène pour lui donner davantage de souffle, de force ou de densité. C’est, en quelque sorte, se remettre en question et redécouvrir son propre texte avec assez de distance pour pouvoir le sublimer.
J’ai aussi compris qu’une relecture utile ne se fait pas tout de suite en corrigeant, mais en lisant le texte d’une traite, comme le lecteur, pour entendre ce qui fonctionne, ce qui manque et ce qui doit être repris.
La réécriture se fait par étapes : la structure, les scènes, le souffle des phrases, avant de finir sur les détails.
Et parfois, un regard extérieur révèle ce que l’auteur, enfermé dans sa création, ne voyait plus.
C’est à ce moment-là que le manuscrit prend réellement forme. Quand l’auteur cesse de vouloir seulement défendre ce qu’il a écrit, et commence à écouter ce que le texte demande vraiment.

N°07 Part d’Histoire à Part (12/08/2026)
L’étrange étrangeté est subtile. Elle naît parfois d’un détail insignifiant. Vous observez un élément familier, à sa place, mais quelque chose cloche. Le monde est bien là, pourtant ce détail n’y fonctionne plus correctement.
Votre horloge donne l’heure, mais ne passe jamais à la suivante. Un bijou glisse ailleurs chaque fois que vous le quittez du regard. Votre miroir vous renvoie le visage d’un autre. Les pages d’un livre se tournent seules, sans vous.
Ces objets ne deviennent pas forcément vivants. Ils restent ce qu’ils sont, mais accomplissent des choses qu’ils ne devraient pas faire. Votre tasse se remplit seule à la moindre inattention. Une ampoule éclaire une pièce… sans murs.
Le doute est un ressort puissant de l’étrange étrangeté. Ce que vous voyez est-il réellement arrivé, ou votre esprit cherche-t-il à donner une forme à ce qu’il ne comprend pas ? Vous êtes seul, pourtant votre chaise a été déplacée. Peut-être est-ce un hasard… Mais lorsqu’elle se déplace chaque soir, le hasard laisse peu à peu sa place à la menace.
L’étrange étrangeté repose sur une transformation discrète du réel. Vous reconnaissez les objets, les lieux et les gestes, mais vous ne pouvez plus leur faire entièrement confiance. Le familier devient imprévisible. Ce qui devait rassurer vous inquiète.
Le malaise grandit lorsque les autres refusent de reconnaître ce que vous avez vu. Une porte apparaît, mais chacun affirme qu’elle a toujours existé. Peu à peu, l’étrangeté contamine vos habitudes, vos relations, vos souvenirs et votre propre perception.
Le défi n’est pas d’expliquer immédiatement, mais d’ajouter au réel une fissure, une couleur qui n’aurait jamais dû s’y trouver. Il faut pousser le lecteur à questionner, à rationaliser, à se raccrocher à ce qu’il connaît. Pourquoi cet objet agit-il ainsi ? Depuis quand a-t-il changé ? Que se passe-t-il réellement ? La réalité qui servait de béquille s’effrite chaque fois que l’on cherche à s’y raccrocher.
Le fantastique ou l’horreur peuvent alors s’installer dans les interstices du quotidien. Les choses restent presque normales, et c’est justement ce « presque » qui dérange.
L’étrange étrangeté, c’est lorsque le réel conserve son visage, mais qu’il vous observe avec celui d’un autre.

N°08 Part d’Histoire à Part (26/08/2026)
Dans la pénombre du Stylvawn, la Forêt Éternelle crainte et redoutée de tous, vit un homme qui a fait le choix de fuir la fureur des grandes cités. Kahl, ancien archer mercenaire, avance parmi les hautes herbes trempées par la pluie à la recherche de gibier, dissimulé sous une couverture de feuilles d’automne et entièrement recouvert de kashlam.
Ses yeux ont la teinte de l’amethyste et ses longs cheveux sont aussi blanc que la neige… tout comme « l’enfant » de la légende. Orphelin solitaire, il pensait pouvoir trouver refuge au cœur de ses bois. Mais au-delà de la survie quotidienne, de sombres interrogations le tourmentent. Sous ses brassards, de singulières pièces de métal sont incrustées à même sa chair, stigmate qu’il a toujours dû dissimuler pour s’épargner les ennuis : des fantômes d’une enfance oubliée.
Lors de son voyage annuel vers Jêfad, la cité maritime, son destin bascule lorsqu’il croise la route de la mystérieuse Alyssia Kalarm. Cette prêtresse de Tajil au teint de porcelaine, et au tempérament farouche, va bouleverser son existence. Voyageant désormais ensemble à travers les contrées de Valomia, ils affrontent côte à côte les périls qui se dressent devant eux. Tandis qu’une tendre attirance naît entre les deux compagnons, de lourds secrets font surface, des alliés se joignent à leur quête et leurs pires ennemis se dévoilent au fil de l’aventure.
Chaque nuit, le chasseur est hanté par des visions oniriques. Des entités spectrales l’exhortent à s’éveiller et à lier son destin à celui des habitants de Valomia. Dans l’ombre, Melkyor le Sans-Corps s’est mis en marche. Ce démon n’aura de cesse de le traquer pour s’assurer qu’il ne devienne pas un obstacle destiné à entraver sa domination absolue sur tout être vivant.
Plongé dans la tourmente, Kahl aspire simplement à retrouver la paix de sa cabane. Pourtant, tout semble converger vers lui. Tout se précipite quand le vif-argent dans ses veine, héritage légendaire des Garôns, se manifeste.
Tout le relie inexorablement au destin de tous et à l’éveil d’Agni, l’harasys de feu.

Il arrive parfois que l’écriture coince littéralement. Comme beaucoup, je me suis retrouvé face à la fameuse page blanche. Celle tant redoutée par l’écrivant. Les lignes de l’histoire ne s’enchaînent plus. Je ne noircis plus rien. La conquête de mon histoire se mue peu à peu en une défaite cuisante face à un adversaire invisible.


N°02 Part d’Histoire à Part (15/07/2026)
Pour ce post, pas de grande phrases. Justes des mots, des échanges et de la vie. Bonne écoute à tous.
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Il arrive parfois que l’écriture coince littéralement. Comme beaucoup, je me suis retrouvé face à la fameuse page blanche. Celle tant redoutée par l’écrivant. Les lignes de l’histoire ne s’enchaînent plus. Je ne noircis plus rien. La conquête de mon histoire se mue peu à peu en une défaite cuisante face à un adversaire invisible.


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Dimitry Sablon Edition
Sortie le 29 janvier 2022
ISBN 9798403375603
ASIN : B09QFH8XLK